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0191 Histoire Générale de la Chine : vol.1
Histoire Générale de la Chine : vol.1 / Page 191 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000288
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après Li Tseu, l'école taoïste ancienne compte Han Fei-
tseu, qui se suicida en 233 av. J.-C., et Houai Nan Tseu
ou Lieou-ngan, alchimiste, mort en 122 av. J.-C., pour ne
citer que les plus célèbres. Les écrits de ces zélateurs de la
doctrine taoïste réclameraient une étude spéciale et nous
n'avons malheureusement pas le temps de la développer
aujourd'hui. Il est probable qu'ils ont préparé la transfor-
mation de la doctrine de Lao Tseu et que tout au moins Li
Tseu et Tchouang Tseu ont utilisé des phénomènes d'hypnose
et d'extase pour l'enseignement et le développement de
leurs idées philosophiques.

Mais comment, demandera-t-on, cette doctrine pure,
abstraite, s'est-elle transformée en un mélange de recherches
alchimiques, de pratiques de sorcellerie, de superstitions
bouddhistes qui composent aujourd'hui le Tao kiao, la reli-
gion ou l'enseignement du Tao : la biographie de Tchang
Tao-ling répondra à cette question.

Tchang Tao-ling descendait à la huitième génération
de Tchang Leang, le célèbre conseiller de Lieou Pang, fon-
dateur de la dynastie des Han. Il naquit la dixième année
de l'empereur Kouang Wou (34 ap. J.-C.) dans une pauvre
chaumière d'un petit village de la province de Tche Kiang,
situé au pied du T'ien mou chan, dans la préfecture de
Hang Tcheou. Un phénomène marqua la naissance du futur
grand homme : la nuit de sa naissance, « un bolide enflammé
traversa comme une flèche de feu le ciel sombre et sans lune,
laissant derrière lui une traînée carminée étincelante, et,
chose étrange, tomba inerte et sans force à la porte même
de la maison des Tchang, dans le temps précis que le petit
Tao-ling venait à la lumière. A la vue de ce météore igné, les
parents, les voisins et les commères de l'endroit ne man-
quèrent pas de prédire à l'enfant la plus brillante destinée
sur cette terre et un devin, invité dès le lendemain à en
tirer l'horoscope, annonçait gravement que l'héritier des
Tchang se distinguerait entre tous par « le pinceau, la pa-
role et la pensée »; et, qu'après une longue vie passée à
éclairer les hommes et à les rendre meilleurs, il irait droit au
ciel prendre la place qui lui était réservée dans le cénacle