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0241 Histoire Générale de la Chine : vol.2
Histoire Générale de la Chine : vol.2 / Page 241 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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Ongoutes. Tou Li ou Tou Loui signifie *miroir* en mongol.
A partir de sa mort on désigna un miroir par le mot turk
*queuzugu*.

Dès son retour de Chine, le Grand Khan tint en 1234 une
assemblée générale à Talan-tépé en Mongolie ; en 1235, il con-
voqua un *kouriltai* dans sa nouvelle ville de Kara Koroum,
dont il est utile de dire quelques mots.

La ville de Kara Koroum occupait l'emplacement actuel
du monastère d'Erdeni Tchao ou Erdeni Tso, entre la rivière
Orkhon et le Koktchin (vieux) Orkhon ; on fait remonter sa
fondation par Boukou Khan des Ouighours au VIIIe siècle ;
ce fut la résidence de Pikia Kakhan des Ouighours sous
les T'ang, de Togrul Wang Khan, le Prêtre Jean de Marco Polo.
Tchinguiz Khan en fit en 1206 sa capitale que les Chinois
appelèrent Hala Holin, transcription de Kara Koroum, le
« camp noir », ou simplement Ho lin dont le nom fut modifié
en celui de Ho Ning après la mort de K'oublaï. Au prin-
temps de 1235, Ogotaï fit élever un rempart de cinq lis de
circuit autour de Ho Lin, qu'il appela Ordou Baliq (Ville
Royale), et construire par d'habiles artisans amenés de
Chine, un vaste palais appelé Wang an dans l'intérieur de
la ville dont il fit sa résidence et qu'il inaugura en 1236
par un grand banquet, dont il fit les honneurs à Ye liu
Tch'ou-ts'aï. Plan Carpin est le premier voyageur européen
qui ait mentionné cette ville et il nous apprend qu'elle était
située à une demi-journée de la Sira Ordo où il s'était rendu.
Guillaume de Rubrouck nous a laissé la description de
Kara Koroum qu'il a visitée.

« Pour ce qui est de la ville de Caracarum, Votre Majesté
saura, qu'excepté le Palais du Cham, elle ne vaut pas la
ville de Saint-Denis en France, dont le Monastère est dix
fois plus considérable que tout le palais même de Mangu.
Il y a deux grandes ruës, l'une dite des Sarasins, où se
tiennent les marchez et la toire : plusieurs marchands étran-
gers y vont traffiquer à cause de la Cour, qui y est souvent,
& du grand nombre d'Ambassadeurs qui y arrivent de
toutes parts. L'autre ruë s'apelle de Cathayens, où se
tiennent tous les artisans. Outre ces deux ruës il y a d'autres