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0343 Histoire Générale de la Chine : vol.2
Histoire Générale de la Chine : vol.2 / Page 343 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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qui vivaient à la cour de Houpilai-Han, pouvaient rendre
à ce prince les plus grands services dans le gouvernement
de ses États s'ils en eussent été chargés, mais on ne leur
confia que des emplois subalternes et ils ne furent pas à
portée de faire connaître les malversations des sangsues
publiques : Houpilai-Han était humain, il les aurait écou-
tés. Ce prince, à la vue de quelque pronostic fâcheux ou
lorsqu'il y avait disette, remettait les tributs et faisait
distribuer des grains à ceux qui en manquaient. Il se plai-
gnait souvent de ce qu'on ne manquait pas de l'avertir
lorsqu'il restait des tributs à payer ou des corvées à com-
mander, mais qu'on lui taisait les besoins du peuple.
Lorsqu'il entreprit l'expédition dans le royaume de Koua-
oua, la plupart des soldats ne s'embarquèrent que malgré
eux; cinq mille, entre autres, se mutinèrent et refusèrent
de partir. Les officiers, outrés de leur désobéissance, écri-
virent en cour et demandèrent qu'on les punît. Houpilai-
Han en fut fâché, mais pour ne pas les perdre, il répondit
à ces officiers qu'il avait exempté ces cinq mille hommes
d'aller à Koua oua et qu'il ne fallait pas les inquiéter ¹ ».
Après la mort du cinquième Grand Khan commence
en Chine la décadence de la puissance mongole, qui sera
plus rapide encore dans les autres parties de leur vaste
empire. En moins d'un demi-siècle, nous verrons annihiler
le fruit des conquêtes de Tchinguiz Khan et de ses succes-
seurs et se relâcher l'administration solidement établie
par K'oublaï, qui, n'étant plus dirigée par sa forte main, ne
dure seulement que par l'impulsion acquise et par la rou-
tine des bureaux. Le Mongol chinoisé a perdu les vertus
qui lui étaient propres sans gagner celles de celui qu'il a
vaincu, et il ne tardera pas à n'offrir, à ceux qui devinent
sa faiblesse et l'attaquent, qu'une cible trop accessible à
tous les coups de la fortune adverse.