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0356 Histoire Générale de la Chine : vol.2
Histoire Générale de la Chine : vol.2 / Page 356 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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de 1352, faisait tuer par trahison le général Tai Bougha
envoyé contre lui. On dépêcha pour négocier avec lui Tieli
Timour, qui lui accorda ainsi qu'à ses deux frères les man-
darinats de Houei Tcheou, Kouang Te et Sin Tcheou, dans
le Tche Kiang, mais le pirate refusa ces titres, et, préférant
sa liberté, reprit la mer.

En 1354, un autre rebelle, Tchang Che-tch'eng, parut
dans le Kiang Nan et défit le général Tache Timour, mais
il fut battu à son tour par Toktagha, qui reprit les villes
tombées entre les mains de l'ennemi.

La Cour donnait alors le spectacle de basses intrigues :
deux turks kankalis, Hama et son frère Sué Sué, travail-
laient à perdre Toktagha qui avait fait nommer le premier
Ministre. Ils étaient soutenus par l'impératrice Ki, prin-
cesse coréenne, favorite de l'empereur sur lequel elle exer-
çait un grand ascendant, et mère du prince héritier; elle
servait les vices de Chouen Ti trop enclin à la débauche,
en introduisant au palais des jeunes gens corrompus et des
lamas tibétains. En janvier 1355, Toktagha, accusé d'avoir
employé à son usage personnel les fonds mis à sa dispo-
sition pour l'armée, est dépouillé de ses titres, envoyé en
exil au Houai Ngan, puis à Etsina, enfin au Yun Nan, et
obligé de remettre le commandement de ses troupes à
Yuekoutchar et à Yue Yue. Hama devenu premier ministre
nomme Sué Sué chef des censeurs et fait tuer Toktagha
dans son exil au Yun Nan. Ce ministre âgé de 42 ans était
merkite d'origine; les Chinois l'appellent Toto. Il « joignait
à une taille haute, mais bien prise, un air grand et majes-
tueux, et une force extraordinaire; naturellement doux,
modeste et affable, jamais il ne se prévalut de son mérite;
avec ces qualités, il remplit les postes les plus relevés :
désintéressé et ennemi des plaisirs qui trainent à leur suite
la débauche, il se plaisait avec les sages et les personnes
instruites, qu'il respectait et protégeait. Il montra une
fidélité à toute épreuve envers son souverain, et sa disgrâce
est un reproche éternel qui couvre d'opprobre les Grands
de la Cour de Chouen Ti ¹. »