National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0249 |
Histoire Générale de la Chine : vol.2 |
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et de grande taille, impies et inexorables, leur langue ne se
rapproche d'aucune de celles que nous connaissons. Ils sont
fort riches en bestiaux, en grands troupeaux et en montures;
ils ont des chevaux très rapides qui peuvent en un seul jour
parcourir l'espace de trois journées de marche; ils sont bien
armés par devant et sans armure par derrière pour que la
fuite leur soit interdite. Leur chef, qui est très féroce,
s'appelle Caan. Ils habitent les contrées du septentrion et
viennent soit des montagnes Caspiennes, soit des mon-
tagnes voisines; on les appelle Tartares, du nom du fleuve
Tar. Trop nombreux pour le malheur des hommes, ils
semblent sortir de terre en bouillonnant : déjà ils avaient
fait des incursions à plusieurs reprises, mais cette année
ils se répandirent avec plus de fureur qu'à l'ordinaire. Aussi
ceux qui habitent la Gothie et la Frise, redoutant les inva-
sions de ces barbares, ne vinrent point en Angleterre selon
leur coutume, à l'époque de la pêche du hareng, denrée
dont ils chargeaient ordinairement leurs vaisseaux à
Yarmouth. Il s'ensuivit que cette année-là, le hareng se
donna pour rien en Angleterre, à cause de son abondance,
en sorte que dans les contrées même éloignées de la mer,
on en vendait pour une seule pièce d'argent, jusqu'à 40
et 50 à la fois et des plus frais. L'ambassadeur sarrasin,
homme puissant et d'illustre naissance, s'était donc rendu
auprès du roi de France, avec mission, de la part de tous les
princes orientaux, d'annoncer ce qui se passait et de de-
mander secours aux Occidentaux, afin d'être plus en état
de repousser la fureur des Tartares. Cet ambassadeur
chargea aussi un des Sarrasins qui l'avaient accompagné,
d'aller trouver le roi d'Angleterre, de lui raconter ce qui se
passait, et de lui dire que si les Sarrasins ne parvenaient
point à arrêter l'invasion de ces barbares, ceux-ci n'au-
raient plus qu'à dévaster les pays d'Occident ».
Maîtres de tous les pays au nord de la mer Caspienne et
du Caucase, en décembre 1237, les Mongols s'avancent
sur la frontière du grand-duché de Vladimir. Les Russes
n'avaient profité en aucune manière de la terrible leçon
de 1223 et n'avaient fait aucun préparatif de défense; ils
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