National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0330 Histoire Générale de la Chine : vol.3
Histoire Générale de la Chine : vol.3 / Page 330 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000288
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

contre Maigrot, après que celui-ci eût été arrêté et rentrait
en Europe, où il fut reçu par le Pape en 1709. Le même
jour, le Patriarche d'Antioche reçut l'ordre de se préparer
au départ et le 28 août il quittait Pe King, laissant la mission
dans le plus profond désarroi.

Arrivé à Nan King, le légat publiait le 25 janvier 1707,
un mandement par lequel tous ceux qui ne respecteraient
pas le décret seraient frappés d'excommunication ; il y
ajoutait des règles de telle nature que ceux qui les auraient
observées auraient certainement été expulsés de Chine.
L'évêque d'Ascalon, Alvaro BENEVENTE, l'évêque de Macao,
le vicaire apostolique de Nan King, tous franciscains,
en appelèrent au Souverain Pontife du mandement du Pa-
triarche d'Antioche ; celui-ci fut même arrêté et remis entre
les mains des Portugais, qui, à Macao, le jetèrent dans une
prison, où il mourut épuisé, à l'âge de 42 ans, le 8 juin 1710.
Le chapeau de cardinal ne fut qu'une tardive consolation
que reçut Mgr de Tournon dans sa captivité.

En somme, le légat fut une victime : nullement préparé
à la haute mission qui lui était confiée, profondément
ignorant des choses de Chine, ne connaissant aucunement
la situation du pays dans lequel il devait agir, saint homme,
mais esprit borné, poussé par des conseillers violents, aussi
peu savants que lui, il était hors d'état de lutter contre des
adversaires, maîtres du terrain sur lequel ils exerçaient leur
action, redoutables par leur science, et soutenus par le
souverain du pays. Maigrot fut le mauvais génie de Tour-
non ; il ne pouvait être préparé dans sa province lointaine
à jouer à Pe King le rôle que la confiance du légat lui impo-
sait ; son intransigeance fut la cause principale de l'insuccès
du Patriarche d'Antioche, et sans suspecter sa bonne foi, on
peut dire que la conduite de l'évêque de Conon paraît avoir
été dictée par la haine des Jésuites ; les Missions étrangères
et le P. Tachard, l'un des Jésuites de Louis XIV, n'avaient
pas entretenu de relations agréables au Siam ; les deux ordres
religieux n'avaient aucune sympathie l'un pour l'autre, ainsi
qu'on le vit dans la condamnation de la Sorbonne et les
négociations à Rome de Charmot et de Quemener.