National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0028 Histoire Générale de la Chine : vol.3
Histoire Générale de la Chine : vol.3 / Page 28 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000288
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

arrêter, de peur de réveiller son parti; néanmoins il le fit
surveiller de près pendant deux ans, après quoi il parut
l'avoir absolument oublié ¹. » En 1441, sous Ying Tsoung,
l'incognito de Kien Wen Ti fut trahi à Seu Ngen Tcheou,
dans la province de Kouang Si, par une pièce de vers dans
laquelle l'ex-empereur déplorait les malheurs de sa vie;
arrêté et conduit à la Cour, il fut reconnu à une marque
noire sur son pied gauche par un vieil eunuque qui l'avait
élevé. Kien Wen Ti retenu prisonnier dans un appartement
du palais, y termina ses jours et fut enterré sans pompe
dans une montagne à l'ouest de Pe King.
Kien Wen Ti avait en effet échappé à la vengeance de
Yen, et refugié au Yun Nan, sur le conseil du gouverneur
Seu Ping, il avait mené une vie errante pendant 38 ans.
« Un grand nombre de Chinois, — dit M. Vial, des Missions
étrangères, cité par le P. Gaillard, — qui l'avaient suivi,
s'y établirent. Ils forment le fond de cette population chi-
noise que nous nommons Pen ti jen ou Min kia. (Ces derniers
se sont alliés à des femmes indigènes.) Tous ces Pen ti jen
se disent venus d'un endroit appelé Kao che k'iao « haut
pont de pierre ². » D'ailleurs Houng Wou déporta plusieurs
milliers de familles de Nan King qu'il remplaça par 20.000
autres familles du Tche Kiang.
Les hécatombes ordonnées par le vainqueur témoignent
de la fidélité des fonctionnaires à l'égard de leur empereur.
Kien Wen Ti eut le grand malheur de s'entourer de ministres
incapables qui ne surent pas s'opposer aux projets ambi-
tieux du Prince de Yen, mais le refus d'un nombre con-
sidérable de fonctionnaires, aussi bien civils que militaires
de se rallier à ce dernier semblerait démontrer que le sou-
verain n'était pas complètement dépourvu de quelques
unes des qualités qui font le Chef d'État. Yen suivit une
conduite diamétralement opposée à celle de son père :
nous avons vu, en effet, que Houng Wou dût en grande
partie son triomphe final à sa manière pleine de mansué-
tude à l'égard des vaincus et à la générosité naturelle de