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0039 Histoire Générale de la Chine : vol.4
Histoire Générale de la Chine : vol.4 / Page 39 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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hommes (mai 1860), prend Tchang Tcheou et Wou Si, d'où
peuvent s'enfuir les missionnaires jésuites Stanislas Cla-
velin, François Giaquinto et Maurice Sentinier, s'em-
pare de tout le Canal impérial entre le Ta Hou (Grand Lac)
et le Kiang et entre sans difficulté dans la ville considérable
de Sou Tcheou le 24 mai 1860.

Tout naturellement, il devait venir à l'idée des T'aï
P'ing de rechercher l'alliance de ces « diables d'Occident »
qui faisaient la guerre aux Mandchoux. Beaucoup d'entre
eux avaient été en relations avec les étrangers; sans parler
du T'ien Wang lui-même, le Fou Wang (Houng Jen-ta)
et le Kan Wang (Houng Jen-kan) avaient eu recours à
eux, ce dernier même avait passé quatre années à Hong
Kong, et nommé généralissime des T'aï P'ing, son rêve était
de se rapprocher de Chang Haï, de se livrer aux Franco-
Anglais et de leur acheter des navires pour s'assurer la
possession du Kiang.

D'autre part, le Tao T'aï de Chang Haï, Wou Kien
tchang (Wou Samqua), et Ho Kouei-tsing, gouverneur
général des deux Kiang, qui devait payer plus tard son
insuccès de sa tête, implorent l'aide des alliés, qui en ce
moment même concentrent leurs troupes à Chang Haï
pour aller attaquer la Chine dans le nord. Spectacle sin-
gulier que ces fonctionnaires qui demandent le secours de
ceux-là mêmes qui font la guerre à leur gouvernement !
Choses de Chine, faites de contrastes et souvent d'incohé-
rences ! Il eût été dangereux de diminuer nos effectifs à ce
moment, aussi l'aide fut-elle refusée, mais dans la crainte
de scènes de pillage et de massacres semblables à ceux
qui s'étaient passés à Hang Tcheou, les Plénipotentiaires
Bruce et Bourboulon lancèrent une proclamation, le 26 mai
1860, pour annoncer aux habitants de Chang Haï que les
chefs militaires recevaient l'ordre de prendre des mesures
pour les protéger contre tout mouvement insurrectionnel et
garantir la ville de toute attaque.

Les négociants chinois de Chang Haï avaient d'ailleurs
déjà pris des mesures en vue de la défense de leur ville,
dont la richesse pouvait exciter la cupidité des T'aï P'ing.