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0042 Histoire Générale de la Chine : vol.4
Histoire Générale de la Chine : vol.4 / Page 42 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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Les musulmans, craignant une nouvelle attaque, se for-
tifièrent : les Chinois revinrent en effet en nombre, battirent
leurs adversaires, les poursuivirent dans les villages voisins
où ils massacrèrent tous ceux qu'ils purent saisir. Cepen-
dant les mandarins réussirent à apaiser les combattants,
les travaux furent repris, les troubles cessèrent, mais pour
recommencer bientôt.

Un certain HOUANG TCHOUNG, ancien Vice-Président
du Ministère de la Guerre et ennemi mortel des musulmans,
organisa un massacre général qui eut lieu le 19 mai 1856.
Mais cette Saint-Barthélemy n'eut qu'un médiocre succès.
Les musulmans prévenus se défendirent ; leur grand-prêtre
MA TÊ-HING, vieillard de 65 ans, prépara la défense,
et, aidé d'un jeune bachelier, TOU WEN-SIEOU, très con-
sidéré de ses coreligionnaires, qui se mit à la tête du
mouvement, il s'empara de Ta Li fou, désormais la capi-
tale et la forteresse des mahométans dans le Yun Nan, et
de ses environs, y compris le lac Eul Haï, défendu par les
barrières inférieure et supérieure (Hia Kouan et Chang
Kouan).

C'est une figure remarquable que celle de ce grand-prêtre
musulman. Né en 1793, de commerçants établis dans un
village de Hia Kouan, à 10 lis de Ta Li, Ma Tê-hing fut mis
à l'école dès son enfance ; après avoir obtenu une teinture
suffisante de la littérature chinoise, il alla dans une mosquée
suivre un cours de langue arabe. Il compléta ensuite ses
études de théologie dans le Chan Si. Plus tard (1839), il se
joignit aux caravanes de marchands qui font le négoce entre
le Yun Nan et la Birmanie, descendit jusqu'à Rangoun
où il s'embarqua à bord d'un voilier chargé de pèlerins,
qui se rendirent avec lui à La Mecque pour y célébrer les fêtes
du Ramadan. Après avoir fait quelque séjour dans la Ville
sainte où il continua l'étude de la langue arabe, il parcourut
toute l'Égypte et alla jusqu'à Constantinople ; il s'arrêta
deux ans dans cette ville. Sa double qualité de Chinois et
de prêtre musulman l'y avait fait bien accueillir ; mais,
ses ressources touchant à leur fin, il lui fallut retourner dans
son pays. D'Alexandrie, où il s'arrêta peu de temps, il partit