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0043 Histoire Générale de la Chine : vol.4
Histoire Générale de la Chine : vol.4 / Page 43 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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directement pour Singapore où il resta un an et il rentra au
Yun Nan en 1846, par la rivière de Canton, après une
absence de sept années.

Un certain Ma Sien, dont le frère avait été tué dans une
des premières échauffourées de mineurs, fut le chef mili-
taire qui seconda Ma Tê-hing, son maître, dans cette guerre.
Ma Sien qui, par ses connaissances, ses talents, son énergie
poussée jusqu'à la témérité, avait mérité l'estime et la con-
fiance de ses coreligionnaires, fut, par la force même des
choses, appelé au commandement des troupes que la révo-
lution naissante se proposait de lancer contre ses persécu-
teurs. Les 20,000 hommes qui suivirent sa fortune se mirent
bientôt en marche, et, sans entrer dans le détail de leur
campagne non plus que dans celui des opérations des trou-
pes réunies sous les ordres de Tou Wen-sieou, nous pouvons
dire qu'en 1860 les musulmans étaient vainqueurs sur tous
les points.

Les aborigènes : Pa Yi, I Jen, Miao Tseu, etc., profitaient
de « la faiblesse des Chinois pour revendiquer leur ancienne
indépendance et descendre dans les plaines d'où ceux-ci les
avaient chassés ¹ ».

Chose inexplicable ! Ma Tê-hing et Ma Sien, qui auraient
pu dicter aux troupes impériales les plus dures conditions,
consentirent à traiter sur des bases dérisoires. Le grade de
général de brigade accordé à Ma Sien, dont le nom est changé
en celui de Ma Jou-loung, des grades correspondants dans
l'armée impériale donnés aux chefs subalternes, de larges
gratifications réservées aux soldats amenèrent entre les
partis belligérants une entente que la rébellion des T'aï P'ing
et autres luttes intestines firent approuver sans enquête
par le gouvernement de Pe King.

La soumission des deux Ma (1860) causa la ruine du parti
musulman ; les succès temporaires de Tou Wen-sieou mon-
trent que si les sectateurs de Mahomet, au lieu de se diviser,
étaient restés unis, rien ne leur eût été plus facile que de
rétablir à leur profit dans le sud-ouest de la Chine les deux
anciens royaumes de Ta Li et de l'Est. Les conséquences