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0198 Histoire Générale de la Chine : vol.4
Histoire Générale de la Chine : vol.4 / Page 198 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000288
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cessé pendant la première période des hostilités de donner
outre leur appui moral, leur concours aux Chinois. Au len-
demain donc de la signature du traité de Shimonosèki,
l'Angleterre conservait son attitude singulière et restait
isolée.
Le 20 avril, la Russie prit l'initiative d'une démarche
amicale auprès du Japon ; les trois cabinets européens trou-
vaient que la possession de la presqu'île de Leao Toung par
les Japonais serait une menace contre la capitale de la
Chine et rendrait illusoire l'indépendance de la Corée ; elle
serait par conséquent un obstacle perpétuel à toute paci-
fication durable ; il était désirable toutefois de donner un
caractère amical à la démarche que devaient tenter auprès
du ministère japonais les diplomates accrédités à la cour
de Tokyo ; après des pourparlers délicats, le 5 mai, le
ministre du Japon à Paris, déclara que le Gouvernement
japonais, agissant sur le conseil bienveillant des gouverne-
ments français, russe et allemand, s'engageait à renoncer à
la possession définitive de la province de Foung T'ien. Il
était difficile, sinon impossible au Japon d'agir autrement ; la
guerre, quoique heureuse, l'avait singulièrement appauvri,
presque toute son armée était en Chine, sa flotte était fati-
guée, ses arsenaux étaient vides, et l'Angleterre laissait
faire. La pilule était amère à faire avaler au peuple japo-
nais ; une proclamation impériale du 13 mai 1895 fit part
au public d'une renonciation qui devait être singulière-
ment blessante pour l'amour-propre national. Après de
délicates négociations, une convention était signée par la
Chine et le Japon, à Pe King, le 8 novembre 1895, par
laquelle la partie sud de la province de Foung T'ien, c'est-
à-dire la péninsule de Leao Toung, était rétrocédée à la
première de ces puissances moyennant une compensation
de 30,000,000 de kouping taels qui fut payée à Londres le
16 novembre.
La France, la Russie et l'Allemagne avaient rendu un
signalé service à la Chine en obtenant pour elle du Japon
la rétrocession du Leao Toung ; ce service eut été inutile, si,
au lendemain de la signature du traité, la Chine s'était