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0044 Histoire Générale de la Chine : vol.4
Histoire Générale de la Chine : vol.4 / Page 44 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000288
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d'un établissement musulman dans cette partie de la Chine
eussent été incalculables pour l'Inde et la Kachgarie, et la
théorie avancée jadis, avant que les deux grands groupes
musulmans dirigés par Tou Wen-sieou et Yakoub Beg
eussent été écrasés l'un après l'autre, théorie d'après la-
quelle la prochaine dynastie chinoise aurait été mahomé-
tane, pouvait être défendue avec quelque apparence de
raison. La soumission des deux chefs n'amena en aucune
façon la soumission de leur parti : ils entraînèrent leur
armée à leur suite, mais ils ne purent obtenir que les
troupes de Tou Wen-sieou, imitassent leur exemple. Leur
défection, en même temps qu'elle diminuait la force de
leur parti, augmentait celle des Chinois : c'était prolonger
la guerre avec des chances moindres de succès pour leurs
frères, dont ils avaient espéré de servir les intérêts, et qu'ils
allaient se trouver obligés de traiter en ennemis. Chinois
eux-mêmes, Ma Jou-loung et Ma Tê-hing auraient dû
savoir, malgré leur loyauté et leur désintéressement per-
sonnels, que la Chine n'oublie rien, ne pardonne rien, et
qu'assurer sa victoire, c'était en même temps préparer le
massacre des musulmans dans le Yun Nan.

Ma Jou-loung, dorénavant chargé par les Impériaux
de la pacification de la province, se trouva placé dans une
position fort difficile. A la tête des troupes où l'avait mis
la confiance des Chinois, il allait être obligé d'agir contre
ses propres coreligionnaires. Tou Wen-sieou, de son côté,
n'avait pas perdu son temps ; ses campagnes furent désas-
treuses pour ses adversaires ; son ancien allié, le Grand-
Prêtre, qui avait rempli temporairement les fonctions de
vice-roi de la province, essaya, mais en vain, de le ramener
à ses idées (1863). La guerre continua donc ; Ma Jou-loung
fut battu ; des peuplades autochtones, les Miao Tseu et les
Man Tseu, s'étant révoltées, ajoutèrent aux embarras des
troupes impériales, et les musulmans se répandirent dans
toute la province du Yun Nan.

En 1868, Tou Wen-sieou, qui depuis longtemps avait
pris le titre de Sultan, marche sur la capitale de la province
dont il fait le siège après s'être emparé des puits de sel, prin-