National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0185 |
Histoire Générale de la Chine : vol.4 |
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côtes en pirates, conservait toutes ses illusions et, malgré
les traités, continuait à exercer une suzeraineté qui, pour
être parfois occulte, n'était pas moins réelle sur la Corée,
quoique celle-ci fût libre.
Le Japon, fier de sa révolution, de la transformation qui
lui a fait croire qu'il égalait, s'il ne les dépassait, les nations
occidentales, plein de cette fougue qui a fait parfois sa
gloire et l'a empêché, en même temps que sa versatilité, d'é-
tablir une civilisation personnelle et durable à l'exemple de
son antique rivale, désirait mesurer ses forces avec celles
du colosse chinois dont il apercevait les pieds d'argile,
et tout en voulant faire croire que la vieille âme japonaise,
Yamato Daishi, avait fait place à des sentiments utili-
taires, ce qu'il désirait avant tout, c'était une guerre
héroïque et brillante. La Corée, sa voisine, par l'intermé-
diaire de laquelle il avait reçu le souffle éducateur de la
Chine, était un champ indiqué pour l'expansion de sa
population grandissante et entreprenante; il y rencontrait
la Chine qui, malgré ses fautes, représente une des plus
grandes et des plus anciennes civilisations de l'humanité.
Le Japon allait se mesurer à elle et pouvoir renouveler les
exploits de Hideyoshi à la fin du XVIe siècle.
A la suite du traité signé le 9 janvier 1885 par la Corée
et le Japon, au mois d'avril suivant un traité conclu entre
le Japon et la Chine marquait le caractère des relations que
les deux puissances devaient entretenir avec leur voisine
qui restait libre; dans ce but elles devaient retirer leurs
troupes de Corée. Toutefois, il est évident que, contraire-
ment aux clauses du traité de 1885, la Chine intervenait
dans les affaires de la Corée. Un événement tragique
allait donner une nouvelle force aux passions qui devaient,
déchaînées, amener promptement la guerre.
Le 28 mars 1894, un homme se disant japonais, arrivé la
veille du Japon à Chang Haï, avec trois compagnons, était,
par l'un de ceux-ci, tué à coups de revolver, dans un hôtel.
Les papiers trouvés dans les chambres de la victime et du
meurtrier permirent d'établir leur identité. Le mort n'était
autre que le fameux Kim Ok-kyoum, le chef de la conspi-
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