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0104 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 104 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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saire au succès du projet de la Compagnie; mais je
ne pus obtenir de mes concitoyens le faible secours
que je leur avais demandé pour être en état de leur
rendre le plus important service. Il n'était question
que d'un bâtiment de 300 tonneaux dont la cargai-
son eut payé avec bénéfice les frais de l'armement.
Avec ce bâtiment j'eus transporté à la Compagnie
de France la moitié du plus beau commerce de celle
d'Hollande. Le Gouverneur de l'Isle de France qui
n'avait qu'un ordre vague de me seconder, et qui
manquait de vaisseaux pour les besoins les plus press-
ans de sa Colonie quoiqu'il en eut souvent demandé
en France, ne put m'envoyer aucun bâtiment.

Dans cet abandon forcé je n'eus d'autre parti à
prendre que celui d'aller moi-même solliciter les
secours dont j'avais besoin. M. Dupleix à qui je
m'étais également adressé, m'avait répondu qu'il
n'avait aucun ordre de la Compagnie à mon sujet. Je
m'embarquai donc sur le Chevalier Marin¹ avec dix
neuf plants de muscadiers sains et vigoureux que
j'eus beaucoup de peines à placer dans ce navire de
Pondichéri embarassé par une multitude de passa-
gers de toute nation, sans galerie et sans chambre
de conseil. J'abandonnai à regret d'excellents pilottes
pratiques que j'avais tenu prêts pour m'en servir
dans le voiage des Molucques si la frégate j'avais
demandée était arrivée. Je partis de Manille, le
21 février 1753 et arrivai à Pondichéry le 7 avril.

Des dix-neufs plants de muscadiers que j'avais