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0156 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 156 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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cabinet de St. James, et certes sa jalousie et son ambition ne
manqueront pas d'en donner, la marine coloniale de la Répu-
blique française et de l'Espagne réunie fermerait hermétique-
ment aux Anglais l'entrée de la Chine. Que deviendra alors la
Compagnie anglaise des Indes? on peut, je crois, sans être
soupçonné d'exagération, prédire sa chute. Quel coup pour le
crédit. Le Gouvernement anglais enverra-t-il une escadre pour
la combattre? Quelle dépense! et dans quel état arriveront les
équipages après une traversée de 6000 lieues sans autre relâche
que celle d'Achen dans l'île de Sumatra, si les établissements
pré-hollandais lui sont fermés comme il est naturel de le pré-
hollandais lui sont fermés comme il est naturel de le pré-
ment l'Angleterre à sa perte : cette raison prépondérante
n'est-elle pas faite pour décider la cour d'Espagne à un sacri-
fice utile?
Mais dira-t-on, comment engager le cabinet de Madrid à
faire la cession d'une ou plusieurs isles dans cet archipel sans
avoir à lui offrir aucun objet de compensation? La réponse
est facile : son intérêt et la sûreté des Manilles qui sans cela
tomberaient tôt ou tard dans les mains des Anglais et des-
quelles il ne les retirerait jamais.
Le Gouvernement espagnol est trop éclairé pour ne pas
faire sentir qu'un établissement français aux Philippines
garantit sa colonie des Manilles de toutes les entreprises que
l'Anglais pourrait y faire. Qui peut assurer que dans ce
moment même il n'ait point tenté, et peut-être réussi à s'en
emparer? L'expérience justifie cette crainte, ne l'a-t-il pas
rançonnée en 1762? et si l'amiral français dans la guerre
d'Amérique, n'avait pas su occuper les forces navales de l'An-
gleterre, les Manilles auraient encore subi le même sort : il
est bien prouvé que, quand on a pour voisin son ami, avec
lequel on est lié par un intérêt mutuel, on acquiert une double
force.
Les Manilles sont plus à charge que profitables au Gouver-
nement Espagnol : un seul galion y vient chaque année d'Aca-
pulco, y dépose des piastres qui servent à payer l'état civil,
militaire et religieux de cette colonie, et y prend en échange