National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
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| 0187 |
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 |
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minerai point par conséquent s'il est plus à propos pour le
commerce d'une nation, de n'en faire en Chine que par une
compagnie *exclusive*. J'observerai seulement que les nations
de l'Europe paraissent l'avoir jugé ainsi. Les Anglais, les
Hollandais, les Espagnols, les Danois, et les Suédois, qui
sont à peu près les seuls Européens qui, depuis la Révolution
française, fassent le commerce à Canton, ne le font que par
des compagnies exclusives, ainsi que la France le faisait avant
la Révolution. (Les Russes ne sont point admis à Canton : ils
ne peuvent commercer avec la Chine que sur les frontières
du Nord. Les Portugais ne vont guère qu'à Macao : les négo-
ciants sont libres d'aller eux-mêmes à Canton, pour y faire
leurs contrats d'achat, mais leurs vaisseaux ne peuvent pas y
monter. Ainsi ils sont sur un pied différent des autres nations).
Les Anglais qui eurent de grands débats dans leur Parlement,
il y a quelques années, sur ce commerce exclusif, levèrent
cette exclusion pour toutes les parties des Indes orientales,
déclarant que tout vaisseau pourrait désormais y commercer
librement, mais ils conservèrent et confirmèrent cette même
exclusion pour la Chine.
La raison que l'on en donne, c'est 1° que le commerce de
Chine ne peut être avantageux pour une nation, qu'autant qu'il
sera fait plus en grand, d'une manière régulière, stable et hono-
rable. 2° Une compagnie ayant ses supercargues ou agents à
Canton ou Macao, peut faire ses contrats d'achat dans des
temps opportuns, avant l'arrivée de ses vaisseaux, ce qui lui est
souvent d'un grand avantage. 3° Une compagnie peut mieux
obtenir du crédit auprès des Chinois, gagner leur confiance,
et est moins exposée à être dupée par eux. Il est essentiel
d'avoir de l'expérience, de connaître les Chinois pour traiter
avec eux. On sait qu'ils sont assez généralement portés à
tromper, quand ils le peuvent impunément. Mais ils n'ose-
raient ou ne pourraient guère tromper impunément une com-
pagnie, ou ses agents résidents à Canton, parce qu'au retour
des vaisseaux ils seraient informés de la fraude et la feraient
réparer. Il n'en est pas de même d'un vaisseau particulier. Il
faut qu'un capitaine qui arrive à Canton ait bien de l'adresse,
de l'expérience et soit bien sur ses gardes pour n'être pas
dupé, et s'il a le malheur de l'être, quel moyen pour lui d'y
remédier?
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