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0213 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 213 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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sciences ; notre langue ne lui est point étrangère, et dans des
circonstances difficiles il a montré du courage et de la pré-
sence d'esprit. Ce qui peut encore donner une idée de son
caractère et de sa résolution, c'est la manière dont il congédia
un agent anglais qui lui fut envoyé il y a environ quatorze
ans, peu de temps après qu'il eut soumis le Tonquin à sa
domination.

Cet événement qui plaçait le roi de Cochinchine au rang
des princes les plus puissans de ces contrées, devait attirer
l'attention des Anglais, qui jusque là avaient négligé la Cochin-
chine, tant à cause de l'étendue de leurs possessions dans les
parties de l'Inde que parce que leur commerce dans ces parages
se fait pricipalement à Canton; et peut-être aussi parce qu'ils
ne voyaient point de rivaux dans ces pays-là dont ils eussent
à craindre une fâcheuse influence sur leur système de com-
merce universel.

Quoiqu'il en soit le Roy de Cochinchine ne leur parut pas
un homme à négliger, et la Compagnie des Indes résolut de
lui envoyer un de ses agens les plus distingués. Elle fit choix
du sieur Roberts, chef de ses subrécargues à Canton et le
chargea d'une mission à la fois diplomatique et commerciale.

Cet envoyé arriva en Cochinchine vers 1804 avec deux
vaisseaux chargés de marchandises et de présens. [Il com-
mença par mettre dans ses intérêts les principaux Mandarins
auxquels il n'eut pas de peine à persuader combien le com-
merce avec les Anglais leur fournirait d'occasions et de
moyens de s'enrichir. Ces Mandarins à leur tour persuadèrent
à leur Roi d'accepter les présents qui lui étaient destinés et
d'accorder l'audience sollicitée par l'agent anglais qui déjà
se croyait assuré du succès de sa mission.

Les Anglais n'ignoraient pas l'estime particulière et la
faveur dont jouissaient les Français auprès de Gia-Long, aussi
ne négligea-t-on rien pour en prévenir les effets. Par exemple
en avait compris dans les présents destinés à ce prince, des
tableaux qui retraçoient les époques les plus funestes de notre
révolution, et rappelaient surtout les malheurs de l'infortuné
Louis XVI, au sort duquel Gia-Long avait souvent donné des
regrets.

On ne chercha point du reste à s'assurer des Missionnaires
français, dont on crut n'avoir rien à craindre, et qui, en effet,