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0214 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 214 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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à cette époque, étaient devenus, pour ainsi dire étrangers à
leur patrie.

Mais deux autres Français, marins au service du Roi de
Cochinchine, se trouvaient à la Cour vers ce même temps.
Gia-Long les consulta sur la puissance Anglaise en Europe
et dans l'Inde ainsi que sur la mission du Sr Roberts, qui
ne demandait rien moins que la cession d'un port et le
privilège exclusif du commerce de Cochinchine. Ces messieurs
exposèrent au Roi que c'était à peu près de la même manière
que les Anglais avaient commencé à s'établir dans d'autres
pays dont, par suite ils s'étaient rendus les maîtres et étaient
devenus les oppresseurs de ces mêmes Princes qui les avaient
accueillis avec bienveillance.

Sur ce rapport, le Roi Gia-Long (quoique d'humeur inté-
ressée jusqu'à l'avarice) renvoya sans hésiter tous les présens
qu'il avait reçus et fit dire au Sr Roberts que les Anglais qui
désormais viendraient commercer dans ses Etats y jouiraient
sans distinction des mêmes privilèges que tout autre peuple.

Cette réponse fut un congé à l'agent anglais qui repartit
aussitôt pour Canton 1.]

Une pareille cession et de pareils privilèges avaient été
autrefois accordés à la France, par le traité qu'avait obtenu
l'Evêque d'Adran lorsqu'il vint à Versailles accompagné de
son jeune pupille (le prince régnant aujourd'hui).

On se rappelle que l'objet de ce voyage était de demander
quelques secours au Gouvernement français en faveur du roi
de Cochinchine alors engagé dans des guerres civiles qui lui
avaient fait perdre presque tous ses Etats, et l'avaient réduit
à chercher un asile à la cour de Siam.

Ce voyage fait en France lorsque le Prince était encore
enfant a laissé dans son cœur de profonds souvenirs. L'édu-
cation qu'il reçut de Mr l'Evêque d'Adran, les vertus, les
lumières de ce digne prélat, pour qui ce prince eut toujours
la plus profonde vénération et le plus tendre attachement,
expliqueraient assez cette partialité en faveur de la France, si
l'on ne se rappelait encore les services importants rendus à ce
prince, dans ses différentes guerres, par un petit nombre d'offi-