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0294 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 294 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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tous grades des distributions d'habits et de numé-
raire pour ressortir lui-même au milieu d'eux avec
plus d'éclat. Il a du reste exempté deux années de
suite son peuple de tous impôts ou tributs pour l'ai-
der à se remettre des calamités qui avaient pesé sur
lui ; c'est-à-dire, la disette du riz, et une maladie
épidémique dont la contagion avait été funeste à un
très grand nombre de Cochinchinois.

Mais au milieu de cette grandeur apparente et de
ces faux airs de libéralité, il est facile d'apercevoir
que le roi prend souvent l'intérêt pour guide au pré-
judice de ses peuples.

J'en puis citer une forte preuve dans le projet qu'il
avait formé, et déjà exécuté en partie, de s'appro-
prier le commerce du sucre, seul article, pour ainsi
dire, que la Cochinchine fournisse, depuis peu d'an-
nées, à l'Europe.

Mais les agents à qui il avait confié l'exécution de
ce dessein, c'est-à-dire, les mandarins et autres per-
sonnes chargées par lui d'acheter le sucre dans les
provinces où il se fabrique, et des fabricants mêmes,
prélevant l'un à l'envi de l'autre des commissions
plus ou moins fortes sur les prix qu'ils élevaient
beaucoup dans leurs additions de comptes, il s'en
est peu fallu que le roi n'éprouvât de forts mé-
comptes dans ses opérations commerciales. En effet,
malgré que les fabricants n'eussent reçu de leur
sucre que le prix de sa valeur ordinaire, et souvent
moins, le roi se trouvait l'avoir toujours payé bien
au delà de ce que les vendeurs en peuvent exiger.
L'attente du navire le Larose et peut-être de quelques
autres navires français avait pu seule déterminer le
roi à tenter de leur livrer lui-même le sucre que pro-
duit le pays, en échange de ce qu'il se procurerait