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0349 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 349 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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fois ces choses, me demandèrent combien de per-
sonnes je désirais mener avec moi, me prièrent de leur
donner un certificat qui constatât qu'ils étaient venus
à bord et se retirèrentaprès avoir visité la frégate et
observé avec attention les différents exercices que
je fis faire sous leurs yeux et dont celui du fusil
parut surtout les intéresser : le soir même ils retour-
nèrent à Hué.

Je les avais questionnés sur les motifs du départ
de MM. Chaigneau et Vannier, et ils m'assurèrent
qu'ils n'avaient quitté la Cochinchine que parce
qu'ils l'avaient voulu, qu'ils avaient été promus par
le roi à une dignité plus élevée et en avaient reçu
des présents en argent et en riz à l'instant de partir ;
M. Borel, qui vint le jour suivant de Hué, me con-
firma la vérité de ces détails.

Le 30, le même négociant me fit savoir que deux
mandarins, accompagnés de porteurs d'ordres de
l'empereur et escortés de cinquante hommes de sa
garde, venaient d'arriver à Tourane. Ils y restèrent
quatre jours sans rien me faire dire, et ce ne fut que
le 3 février qu'ils m'envoyèrent demander à quelle
heure je pourrais les recevoir : je leur désignai celle
de midi et ils vinrent à bord avec tout leur monde ;
l'un de ces mandarins m'était déjà connu, l'autre
était d'un rang supérieur et chef de la Justice. Je les
reçus toujours avec M. Ducamper, et cette fois notre
conférence dura plus de quatre heures, tant ils
furent longs à se consulter entre eux avant d'entrer
en matière ; ils me dirent enfin que l'empereur ne
pouvait recevoir les présents et la lettre parce que
depuis le départ de MM. Chaigneau et Vannier, il
n'y avait plus personne à la cour qui pût traduire et
expliquer son contenu.