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0350 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / Page 350 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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Quoique leur longue hésitation m'eût préparé à
quelque réponse peu favorable, je ne laissais pas que
d'être surpris de la brièveté et de la nature positive
de celle-ci et la leur fis répéter : je m'efforçai ensuite
de leur faire sentir avec tous les ménagements pos-
sibles qu'un tel refus pourrait paraître extraordi-
naire et combien la cause en était frivole, puisque
M. Borel, que le roi connaissait depuis longtemps,
était fort capable de traduire la lettre. Je leur fis
observer de plus que dans tous les cas le refus de la
recevoir n'entraînait nullement celui des présents,
puisque ces choses étaient absolument distinctes et
que j'avais d'ailleurs l'ordre de faire la remise de
ces derniers quand bien même des considérations
d'étiquette empêcheraient celle de la lettre. Mes rai-
sonnements et ceux dont M. Ducamper les appuya,
furent inutiles et je ne pus parvenir à tirer des man-
darins que la déclaration qu'ils avaient faite en
débutant et qui leur servit de réponse à tout.

Reconnaissant à la fin qu'ils ne sortiraient jamais
des limites qui leur avaient été tracées, je me bornai
à leur demander de me donner cette déclaration par
écrit, afin, leur dis-je, de la présenter à mon retour
en France pour ma responsabilité personnelle ; ce
fut alors seulement, c'est-à-dire après plus de trois
heures de débats, que je sus qu'ils étaient chargés
de me remettre une lettre du Mandarin des Étran-
gers et de me faire don au nom de l'empereur de
rafraîchissements dont ils avaient attendu jusqu'à ce
jour l'arrivée à Tourane. Je demandai à voir la lettre
et pourquoi ils ne me l'avaient pas donnée plus tôt,
et ils me répondirent qu'ils l'avaient laissée à terre
dans la maison du roi, où ils avaient ordre de me
faire une réception solennelle et de me donner cette