国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0148 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3
極東の地理と歴史 : vol.3
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.3 / 148 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000289
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

puissance au dehors; sans colonies, point de commerce exté-
rieur.

Pour élever la République au degré de puissance qui con-
vient à son étendue et à sa gloire, et pour la mettre en état de
lutter un jour contre sa rivale, il paraît nécessaire de présen-
ter au commerce des branches nouvelles et étendues à
exploiter. C'est ce que nous offre la Cochinchine, pays qui
fournit la plus grande variété de denrées commerciales.

Il produit le plus beau sucre et au prix le plus bas. On en
exporte à la Chine, au Japon et à Siam. On pourrait étendre
ce commerce et transporter cette denrée aux côtes de Coro-
mandel, de Malabar et dans les golfes Persique et Arabique
qui n'en produisent point. Il serait même possible d'en appro-
visionner la France, si les récoltes de ses colonies ne suffisaient
pas à sa consommation. Sous ce rapport la Cochinchine peu-
plée de quatre millions d'âmes peut nous dédommager des
productions de St. Domingue.

Le riz qui est très-abondant est toujours un objet de com-
merce avantageux pour la Chine. Le coton, la soie, l'indigo,
le thé, le poivre, l'arecque (grand objet pour la Chine), le
salpêtre, le braï sec, toutes sortes de résines, etc., fourniraient
de l'aliment à un commerce très étendu, pour les Indes Orien-
tales et pour l'Europe.

Mais les objets les plus précieux de ce pays sont l'or dont
il y a des mines très abondantes et faciles à exploiter et les
trois articles suivants qu'on ne trouve point ailleurs, l'indigo-
verd, le bois de sucre et la gomme-gutte.

L'industrie française animerait l'agriculture et les arts de
ce royaume; le commerce leur donnerait une nouvelle acti-
vité. Nous y formerions avec le tems la colonie la plus floris-
sante, la plus riche et la plus puissante. Les forêts de cette
contrée seraient converties en vaisseaux; et la discipline qui
manque aux soldats Cochinchinois, dont la bravoure a de la
réputation, se trouvant aidée par la tactique européenne,
consoliderait notre établissement.

Placé, pour ainsi dire, à la porte de la Chine, il nous don-
nerait la plus grande influence sur le commerce de cet
empire, et les moyens de l'interdire aux Européens, avec
lesquels nous serions en guerre, ou du moins de le leur rendre
très-onéreux.