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0107 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 107 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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tenant-Gouverneur, Y Tchung-fou, Directeur général des
Gabelles, Si, Directeur général des Subsistances, Yi Tchang-
wa, Préfet de Canton, me furent successivement nommés par
l'interprète. Je présentai à leurs Excellences M. Challaye,
Consul de France, MM. Monge et Chonski. Après les pre-
miers complimens et l'échange des démonstrations les plus
amicales, nous nous assîmes, le Prince Yek-Shan insistant
pour que je prisse place avant lui-même et les autres digni-
taires chinois. J'exprimai alors en quelques mots la satisfac-
tion que j'éprouvais de me trouver au milieu de personnages
aussi éminents par les emplois dont la confiance de l'Empereur
les a revêtus et de pouvoir saisir une occasion aussi favorable,
occasion que j'avais longtemps désirée, de faire parvenir
sûrement à S. M. I. l'assurance des bons sentiments de la
France envers le Céleste Empire et celle des sentiments per-
sonnels d'estime, d'intérêt et d'amitié sincères du Roi des
Français pour l'Empereur. Je remarquai qu'en interprétant
ces paroles, le linguiste faisait usage du mot Wang pour dési-
gner le Roi. Je l'interrompis pour lui demander si ce titre ne
désignait pas, d'après les idées chinoises, un Prince d'un rang
inférieur à celui d'Empereur. J'ajoutai que, dans ce cas, je
demanderais, avant d'entrer en conférence, que le Roi des
Français fût désigné par le même titre que celui qui est em-
ployé pour désigner l'Empereur de Chine ou par des titres
équivalents. J'expliquai que le Souverain du Royaume ou
de l'Empire de France avait porté plusieurs fois le titre d'Em-
pereur ; que plusieurs souverains en Europe ou dans les autres
parties du monde, quoique portant ce titre d'Empereur,
étaient, par le fait, des Princes infiniment moins puissants
que le Roi des Français et qu'en toute circonstance où le nom
de notre souverain et celui du souverain chinois pouvaient
être mentionnés ou même indiqués, il devait être bien entendu
que ces noms ou titres se trouvaient appliqués à des souve-
rains parfaitement égaux en dignité. Il me fut répondu que :
l'Empereur de Chine lui-même était souvent désigné, dans le
discours ordinaire, par le mot wang ; que, dans tous les cas,
c'était une manière abrégée de désigner un Prince souverain ;
mais, que les hauts dignitaires chinois comprenaient à mer-
veille et admettaient sans hésitation, que le rang, la dignité
et la puissance du Roi des Français ne le cédaient en rien au