National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0108 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 108 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000289
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

rang, à la dignité et à la puissance des plus grands souverains
de la terre et enfin que des relations amicales entre notre Roi
et leur Empereur ne pouvaient subsister que sur le pied d'une
égalité parfaite, etc.

Ce point éclairci, j'ai fait témoigner au Prince Yek-Shan
et aux autres grands dignitaires que j'étais prêt à entrer en
conférence avec eux s'ils le désiraient. Cette ouverture a été
accueillie avec empressement et nous nous sommes rendus
dans un salon, au premier étage, où la conférence a eu lieu.

J'ai cru devoir l'ouvrir en priant leurs Excellences de me
permettre de laisser de côté, pour le moment, les réclamations
ou les demandes que je pouvais avoir à faire au nom de la
France et je les ai engagées à désigner précisément les points
sur lesquels on désirait avoir mon avis. Il m'a été répondu
que le but principal des autorités chinoises était de s'assurer
comment, et jusqu'à quel point, la France pouvait venir en
aide à la Chine dans les circonstances actuelles. J'ai fait obser-
ver, alors, qu'il me semblait nécessaire, avant tout, de bien
établir quelles étaient ces circonstances et j'ai essayé de faire
interpréter par le linguiste l'opinion que je m'étais formée
de la situation actuelle. — Je me suis aperçu bien vite que le
linguiste ou ne comprenait qu'imparfaitement ma pensée,
ou, ce qui était pis encore, qu'il ne la reproduisait qu'avec
des précautions extrêmes et des adoucissements dangereux
pour le sens de ce qu'il avait compris et qui pouvait blesser
la vanité chinoise. Il en résultait que je paraissais, aux yeux
des officiers chinois, me complaire dans des généralités insi-
gnifiantes et éviter toute discussion sérieuse, ou du moins
vouloir leur laisser l'initiative de cette discussion et les voir
venir au lieu d'aller franchement à eux ! Cela devint évident
par les signes d'impatience du Commissaire impérial qui finit
par me faire demander : 1o Si la France voulait se charger du
rôle de médiatrice entre la Chine et l'Angleterre ? 2o Sur
quelles bases je pensais que la Chine pût traiter de la paix
avec l'Angleterre, par l'entremise de la France. — Je n'hési-
tai pas à donner mon opinion personnelle à cet égard et je
spécifiai comme bases probables d'une paix durable les condi-
tions suivantes :

1o Cession de l'île de Hong-Kong, à perpétuité, à l'Angle-
terre.