National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0141 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 141 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000289
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous prévenir, en réponse à votre lettre
de ce jour, que les officiers de la marine s'étant toujours fait
une obligation d'augmenter, autant qu'il dépendait d'eux, la
considération à laquelle doivent prétendre les Consuls de
France au lieu de leur résidence, je me ferai un devoir de vous
conduire, avec l'Alcmène, jusqu'à Canton et de remplir ainsi
les intentions que vous exprimait le commandant Cécille
dans sa lettre du 28 juillet dernier.
J'ai l'honneur, etc.

Le mardi 29, le Consul, avec les missionnaires
lazaristes Guillet et Tcheou, qui devaient servir d'in-
terprètes, était conduit à Whampoa par l'Alcmène.
Le commandant Fornier-Duplan raconte ainsi leur
arrivée à Canton :

Là, nous eûmes la surprise de constater l'absence des cou-
leurs françaises, tandis qu'on voyait flotter les pavillons de
tous les autres consuls. Le Chancelier n'était pas au consulat,
il dînait en ville, et il fallut l'envoyer chercher. En entrant, il
sauta au cou de M. de R...-M..., et nous dit que nous venions
lui sauver la vie. Il nous raconta que lorsqu'il avait signifié
à M. C., de la part du Consul, qu'il fallait qu'il délogeât du
Consulat, M. C. lui avait dit, tout furieux : — « Alors, Mon-
sieur, c'est une guerre à mort entre vous et moi ! » Mais, afin
de rendre son asile plus inviolable, il avait écrit, en gros carac-
tères, au-dessus de la porte de sa chambre : « Chancellerie du
Consulat de France. » Du reste, il avait soin de bien fermer
toutes les portes avant de se coucher, et il plaçait son épée nue
sur sa table de nuit, prêt à mourir à son poste.
J'arrêtai ses transports en lui témoignant mon pénible
étonnement de ce que, à l'arrivée d'un navire français battant
flamme, notre pavillon fût le seul qu'on ne vît pas... Le pauvre
homme ne sut que répondre ¹.

Le Chancelier remit au Consul les deux lettres