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0150 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 150 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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pas trompés. Après les complimens d'usage, le Kouang-tcheou
fou et l'autre mandarin me demandèrent successivement :
1o Quel était le motif qui me faisait demander une entrevue
au Vice-Roi ; 2o Pourquoi, ayant pris une mesure à l'égard
de M. Challaye, je n'avais pas sévi contre Mr Dubois de Jan-
cigny ; et 3o Pourquoi le Commandant Cécille, à son premier
départ, avait recommandé de faire à Mr Dubois de Jancigny
les communications qui pourraient intéresser la France.

A la première question, je répondis que S. E. M. le Ministre
des Affaires étrangères de France ayant daigné me confier
une lettre pour S. E. le Vice-Roi des deux Kouang, je ne
remettrais cette lettre que directement et sans intermédiaire,
et qu'à cet effet une audience m'était indispensable.

Quant à ce qui concernait M. Challaye, j'expliquai comme
quoi, ce dernier étant placé sous mes ordres, j'avais pu agir
vis-à-vis de lui comme je l'avais fait, tandis que M. Dubois
de Jancigny n'ayant, à ma connaissance, aucun caractère
public, il n'y avait pas motif de l'en priver, même provisoi-
rement ; que s'il était vrai que M. le Commandant Cécille eût
fait à l'autorité supérieure la communication dont il s'agit,
elle s'expliquait naturellement par le peu de confiance qu'ins-
pirait à cet officier, au moment de son éloignement, la jeu-
nesse et l'inexpérience de M. Challaye, et par la nécessité
d'avoir quelqu'un qui fît parvenir au Gouvernement français
les communications du Gouvernement chinois. J'aurais pu
ajouter, dans cette conversation, que j'avais écrit précédem-
ment au Vice-Roi pour lui rappeler que M. le Commandant
Cécille, dans une lettre du 15 avril 1843, dont copie ci-jointe,
avait prévenu ce haut dignitaire que j'étais nommé Consul
du Roi en Chine, et que, s'il y avait des communications à
faire, on attendît mon arrivée, moi seul étant appelé à servir
d'intermédiaire pour leur transmission ; mais M. le Comman-
dant Fornier-Duplan, pour qui la question était bien claire
et qui ne voulait pas la laisser compliquer par les arguments
du Kouang-tcheou fou, la trancha en disant à plusieurs
reprises que la règle du Gouvernement français était, lorsqu'il
envoyait des Agens à l'étranger pour y résider avec un carac-
tère public, de les munir de lettres, soit de créance émanant
du Roi, ou du Ministre des Affaires étrangères, soit de diplô-
mes avec demande d'exequatur, que M. de Ratti-Menton