National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0152 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 152 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000289
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

Le linguiste vint le lendemain de très bonne heure m'aver-
tir que tout était arrangé, que les deux délégués des deux
Hautes Autorités viendraient nous visiter dans l'après-midi,
et que le lendemain aurait lieu l'audience de réception.

Nous eûmes effectivement la visite des deux personnages
annoncés et, suivant notre attente, ils voulurent entrer à leur
tour dans l'examen des faits relatifs à M. Dubois de Jancigny;
mais sur l'observation du Commandant Fornier-Duplan, que la
lettre dont j'étais porteur donnerait à S. E. le Vice-Roi un éclair-
cissement complet à ce sujet, les mandarins n'insistèrent plus.

C'est ainsi, M. le Ministre, que par une persistance cons-
tamment renfermée dans les bornes des convenances sociales
et des égards dus à d'aussi éminentes autorités, nous sommes
parvenus à vaincre les difficultés qui, malheureusement, ne
venaient point de ces autorités, mais de ceux-là même qui
auraient dû éviter la honte de les soulever et faire tout leur
possible pour les aplanir si elles s'étaient présentées sponta-
nément.

Le 6 au matin, les deux embarcations principales de l'Alc-
mène montées par leurs équipages en grande tenue, et por-
tant le Commandant et moi, M. Rivoire, huit officiers de la
corvette, ainsi que plusieurs personnes qui avaient demandé
à faire partie du cortège, se détachèrent du rivage, se diri-
gèrent vers la charmante propriété de Po Tin-koua.

En remontant la rivière, dont les différents forts riverains
avaient arboré le drapeau chinois (le Vice-Roi et le Commis-
saire Impérial devant suivre le même parcours), nous eûmes
à passer au milieu de nombreuses barques chinoises, dont la
population voyait avec surprise, pour la première fois, une
aussi grande réunion d'uniformes français.

Après une heure de trajet, nous arrivâmes à notre desti-
nation. Le luxe et l'élégance locale répondirent parfaitement
à l'idée qu'on nous avait donnée de la maison de campagne
de Po Tin-koua, cette maison passant, au dire des Chinois,
pour une des plus belles de la Chine. Les gens de service s'em-
pressèrent, dès notre arrivée, de se mettre à notre disposition
et nous apporter les rafraîchissements d'usage. Informés par
eux que l'audience aurait lieu dans une des grandes salles du
rez-de-chaussée, nous demandâmes à occuper les appartemens
de l'étage supérieur.