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0194 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 194 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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et au commerce de Marseille. Cela traduit en fait, veut dire
que trois ou quatre maisons se servent d'un Égyptien pour
leur correspondance arabe. Mais un commis employé et payé
pour cette traduction n'est pas plus un fonctionnaire rendant
des services à une ville, que trois étrangers ne sont le com-
merce marseillais.

Je ne prétends pas être plus désintéressé en faisant le cours
du collège royal, mais le cours communal auquel je ne suis
nullement tenu est donné gratis à la ville. La traduction des
adresses orientales pour l'administration des postes, l'inter-
prétation de pièces arabes que divers négociants m'ont fait
l'honneur de me confier, voilà aussi des fonctions gra-
tuites.

Je ne me suis pas contenté de donner mon temps et ma
science, j'ai fait, dans l'intérêt de l'enseignement qui m'est
confié, d'autres sacrifices auxquels j'étais encore moins tenu.
Je vous envoie ci-joint plusieurs imprimés dont j'ai fait les
frais à 500 et à mille exemplaires et que j'ai distribués gratis
à tous les auditeurs de mes cours. J'ai pris ces dépenses sur
des appointements fort mesquins qu'un logement entièrement
à ma charge réduisait déjà de plus de moitié.

Enfin, Messieurs, le Maire et le Préfet pourront vous
apprendre que toutes les fois que le choléra s'est déclaré à
Marseille, je me suis souvenu de mon titre de médecin ; deux
fois les administrateurs des bureaux de secours m'ont remer-
cié de mes soins médicaux, par des lettres flatteuses que je
puis communiquer, mais dont je ne voudrais à aucun prix me
dessaisir.

Tout cela, Messieurs, pourrait à plus juste raison compter
pour des services rendus au commerce et à la ville de Mar-
seille ; vous ne le saviez peut-être pas : les hommes loyaux
n'ébruitent pas ces choses-là, il a fallu avoir à repousser des
attaques calomnieuses pour que je me permisse de le révéler.

Donc, Messieurs, avant de vous occuper de ma demande
relative au prochain voyage d'Orient, je vous prie de vous
occuper de la pétition que vous adressent mes amis. La péti-
tion à laquelle celle-là sert de réponse est une injure dont je
dois obtenir satisfaction. Le Ministre a connu l'attaque, il est
de votre justice de lui faire connaître votre avis sur la défense.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération la plus