National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0161 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.4 / Page 161 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000289
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

réponds affirmativement non, si elle ne se décide pas à envoyer
des hommes intelligents étudier l'organisation de l'une et de
l'autre chez les peuples les plus avancés dans l'art de la guerre.
Elle dépensera des sommes énormes à construire des forteresses
et des vaisseaux qui seront réduits en poussière en moins de
temps qu'il ne m'en faut pour écrire cette lettre.

Un des points capitaux les plus essentiels pour l'Empereur,
est de bien connaître les nations étrangères, leur puissance
militaire, leur prépondérance et leurs intérêts réciproques.
Or ce n'est pas par les marchands que l'appât du gain attire
dans vos ports, que vous pourrez juger de tout cela. Vous ne
voyez en général que des hommes avides, ou des aventuriers,
qui ne peuvent vous donner qu'une pauvre opinion des nations
auxquelles ils appartiennent. Le seul moyen que vous ayez
de vous éclairer serait d'envoyer en Europe des personnes ins-
truites, capables d'observer avec discernement et de bien
juger les hommes et les choses. Ils rapporteraient au souverain
de la Chine des notions justes qui lui feraient connaître des
vérités utiles.

Si un grand Mandarin se présentait en France, j'ai la per-
suasion, basée sur la connaissance des dispositions du Roi à
l'égard de l'Empereur, qu'il serait accueilli avec tous les
égards, la considération et les honneurs dus à une personne
investie de la confiance d'un grand souverain. Il aurait un
accès facile auprès du Roi, et on lui donnerait tous les moyens
de recueillir les renseignements qu'il pourrait désirer sur l'or-
ganisation militaire de la France, sa Marine, son administra-
tion, son industrie. Il verrait l'armée, les arsenaux, les grandes
manufactures d'armes, de canons, en un mot, tout ce qu'il
serait intéressant pour lui de connaître.

Si la difficulté du voyage paraissait un obstacle, j'offre à
V. E. de mettre à sa disposition un des bâtiments dont j'ai le
commandement. Il serait à ses ordres pour conduire en France
et ramener en Chine la personne qui serait désignée. Si les lois
de l'Empire, si les usages établis depuis des siècles s'oppo-
saient à ce que l'Empereur donnât un titre officiel à son envoyé,
il pourrait se présenter avec le simple titre de voyageur, et si
c'était une personne de distinction, elle n'en serait pas moins
bien accueillie et le but de l'Empereur serait également rempli.

Que V. E. y réfléchisse, qu'elle examine mûrement les avis