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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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La Vieille Route de l'Inde de Bactres à Taxila : vol.2 |
| インドからバクトリアのタキシラに到る古道 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
son idole et son idolâtrie étaient devenues choses courantes à partir du 1er siècle. Ils nous fournissent
en même temps un signalement précis de l'uniforme tribu de ces icones. Trois traits caractéris-
ristiques sont surtout à retenir : l'ondulation des cheveux, la souplesse des draperies qui envelop-
pent tout le corps et le geste vaguement accueillant ou bénisseur de la main droite. Ajoutons,
à titre accessoire, que, quand le Maître est accosté de deux assistants, ceux-ci présentent les types
et attributs caractéristiques des deux divinités qui jouent le plus grand rôle dans les écritures
bouddhiques, Brahmâ et Indra (34).
LA PÉRIODE INDO-KUSHÂNE. — Il a déjà été remarqué ci-dessus (p. 226) que la substi-
tution à la domination parthe de celle des premiers Kushâns semble s'être faite presque sans coup
férir : on ne voit pas davantage d'écarts brusques se marquer dans le style des images du Buddha.
Nous ne pousserons pas l'entêtement jusqu'à soutenir que l'ère des inscriptions de Kanishka et
de ses successeurs ait le même point de départ que l'ère Çaka, puisque nous n'en avons aucune
preuve certaine. Faudrait-il retarder l'avènement du « Clovis » bouddhique avec Sir John Marshall
jusqu'en 125, ou avec M. Sten Konow jusqu'en 128 après J.-C., que ce glissement d'un demi-
siècle ne changerait rien à la courbe suivie par l'évolution de la sculpture gréco-bouddhique. Il
serait donc oiseux de discuter si c'est sous son règne qu'il faut placer avec les lui le plein épa-
nouissement, ou, avec d'autres, les débuts de la décadence (cf. AgbG., II, p. 541 s.). C'est presque
insensiblement que se dessinent et s'affirment dans le type déjà consacré du Buddha certaines
modifications qui, qu'on les réprouve ou qu'on les approuve du point de vue esthétique, dénotent
en tout état de cause la réaction croissante du goût et du sentiment indigènes. Tandis que les
cheveux se bouclent et que les plis des draperies s'amenuisent, la personne du Maître tend à grandir
aux dépens de celles de ses assistants. Voici enfin que se crée une formule nouvelle dont le succès
est attesté par le grand nombre d'exemplaires que nous avons conservés, et qui, sous le couvert
du « Grand prodige de Çrâvastî », va permettre au panthéon particulier du bouddhisme, alors
en voie de formation (supra, p. 288), de risquer une apparition d'abord timide. Le Maître s'assied
à présent sur un énorme lotus magique à mille pétales; il découvre son épaule droite, confor-
mément au cérémonial indien, et réunit pour la première fois ses mains devant sa poitrine pour le
geste rituel de la prédication. En même temps les deux acolytes amorcent la transformation qui,
aux deux grands dieux hindous de la légende, substituera les Bodhisattvas mahâyâniques. Bientôt
même, la taille du Maître s'exagérant hors de toute proportion avec son entourage, ses assistants
iront se multipliant à mesure qu'ils rapetissent, et on verra s'entasser sur les stèles autour de
l'image centrale un cortège de plus en plus nombreux de Buddhas, de Bodhisattvas et de divinités
de tout genre. En même temps se donne carrière la tendance au colossal; et puisque les idoles
géantes ne peuvent se réaliser en un seul bloc de pierre, on les ébauche à même les falaises des
montagnes comme à Bâmyân, ou on les édifie en mortier de chaux comme à Takht-î-Bahî ou à
Taxila (35).
LA PÉRIODE KUSHÂNO-SASSANIDE. — Tout ceci nous mène jusqu'au milieu du IIIe siècle,
c'est-à-dire jusqu'au moment où l'Irân, galvanisé par le mouvement national personnifié en
Ardeshîr, le fils de Sâsân, en même temps qu'il a restauré les traditions religieuses du mazdéisme,
a rétabli à peu de choses près les anciennes limites de l'empire achéménide (supra, p. 227). Mais si
les premiers Sassanides étendent ainsi leur suzeraineté sur toute la région indo-iranienne, ils ne
semblent pas y avoir persécuté le bouddhisme, auquel nous nous souvenons que Mânî est venu
emprunter certains de ses dogmes. A cette période obscure nous rapporterions volontiers, comme
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