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0068 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.2
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.2 / Page 68 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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province du Ho-nan. C'est lui qui commanda la gar-
nison chinoise de Séoul quand éclata la révolution
coréenne de 1884, et il se trouva en conflit avec les
Japonais. Alors qu'il est encore en Corée, Youen est
nommé par décret impérial du 2 mai 1893, tao-t'ai
de Wen-tcheou, à la place de Ts'ao Chou-jao, promu
juge provincial du Tche-Kiang. Rappelé de Corée
en 1894 et remplacé comme résident chinois à Séoul
par Li Siao-yün, ancien consul chinois à Tche-
moulpo, il est appelé au poste de juge au Tche-li en
juillet 1897. L'empereur Kouang-Siu met en lui sa
confiance ; il commandait alors dans le Chan-toung,
7.000 hommes de troupes exercées par M. Von Han-
neken ; il est chargé, le 5 août 1898, de faire exécuter
à T'ien tsin Jong Lou, qui est considéré comme un
obstacle aux projets impériaux de réforme, et d'ar-
rêter l'impératrice douairière. Fort peu soucieux de
remplir sa tâche, Youen Che-k'ai va trouver Jong
Lou : « Mes lèvres, dit-il, en tendant l'arrêt de mort,
ne me permettent pas de prononcer de paroles. »
Avec calme, Jong Lou lit le document, le remet à
Youen et lui dit : « Il est de votre devoir d'exécuter
les ordres de votre empereur. » Youen insinue que
Jong Lou aurait peut-être quelques affaires privées à
régler avant d'être décapité et dit en se retirant qu'il
reviendrait le surlendemain. A bon entendeur, salut !
Jong Lou n'attendit naturellement pas la seconde
visite de son bourreau désigné ; immédiatement, il
prenait le train pour Pe-king, prévenait l'impéra-
trice du sort qui lui était réservé, à lui, Jong Lou,
et du danger que faisait courir à elle, impératrice,
un second édit, qui l'éloignait de Pe-king, et l'exilait
dans un de ses palais d'été. Depuis la guerre sino-
japonaise, et le retour du prince Koung aux affaires,