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0196 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.2
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.2 / Page 196 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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d'après Se-ma Ts'ien et le Ts'ien Han Chou des ren-
seignements historiques qu'il nous paraît utile de
reproduire ici, car ils sont confirmés par quelques-
unes des fiches :

« La partie de l'ancienne Grande Muraille le long de
laquelle M. Stein a fait ses mémorables trouvailles n'appar-
tient pas au système de protection organisé par T'sin Che
Houang-ti. En l'an 214 avant Jésus-Christ, T'sin Che
Houang-ti, maître de l'empire depuis sept ans, décida de
relier entre eux les murs de défense que les royaumes féo-
daux du Nord avaient construits sur leur f ontière sep-
tentrionale pour se garder contre les incursions des Hiong-nou ;
ainsi fut conçue l'entreprise gigantesque de la Grande
Muraille. Cette Grande Muraille de T'sin Che Houang-ti,
dont on peut suivre le tracé sur une carte chinoise de l'an-
née 1137, partait de Lin-t'ao à l'ouest pour aboutir à Chan-
haï-kouan à l'est. Lin-t'ao est aujourd'hui la préfecture
secondaire de Min, située dans le sud du Kan-sou, près du
coude de la rivière T'ao, affluent de droite du Houang-ho.
« La Grande Muraille de T'sin Che Houang-ti était un
ouvrage défensif ; les compléments qui lui furent ajoutés
du côté de l'ouest une centaine d'années plus tard furent
l'instrument d'une politique qui prenait l'offensive. En 126
avant Jésus-Christ, Tch'ang kien était revenu de cette longue
et périlleuse ambassade qui, primitivement destinée à
nouer des relations avec les Yue-tche qu'on croyait établis
dans la vallée de l'Ili, avait eu en réalité pour terme les
bords de l'Oxus et avait révélé à la Chine, non seulement
la situation économique des principautés du Turkestan
oriental, mais encore l'importance commerciale des grandes
civilisations occidentales. A partir de ce moment, l'empe-
reur Wou forma le dessein de s'ouvrir la route de l'Ouest
en pratiquant une trouée au point précis où les hordes
turques et les peuplades tibétaines étaient en contact et
où par conséquent la cohésion des nomades qui entouraient
la Chine était moindre. Le résultat fut obtenu lorsque,