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0071 Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.2
Mélanges d'Histoire et de Géographie Orientales : vol.2 / Page 71 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000289
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réformateur, n'a accepté, avec un désintéressement
qu'il faut reconnaître, que le titre de président pro-
visoire. La haute situation à laquelle Youen est arrivé
par ambition, non par conviction, n'est pas celle à
laquelle aspire cet ambitieux personnage. Quo non
ascendam ? pense-t-il. Et son rêve, caressé depuis
longtemps, connu de ceux qui suivent ses faits et
gestes, c'est de restaurer une nouvelle dynastie dont
il serait le premier empereur. Mais la Roche Tar-
péienne est près du Capitole. Déjà les bombes meur-
trières (16 janvier) lui montrent les dangers de la
situation ; il est suspect aux réformateurs, exécré
des Mandchous ; son existence est en perpétuel dan-
ger. Il a sur beaucoup de réformateurs l'avantage de
connaître la Chine à fond ; mais ils ont sur lui celui
de connaître les pays étrangers, qui, en fin de compte,
sont appelés à jouer un grand rôle dans les destinées
de la Chine. Somme toute, Youen est resté un vieux
Chinois ; il ignore les beautés du parlementarisme et
il agit sans consulter son premier ministre, ce qui le
brouillera forcément avec l'Assemblée de Nan King
ou celle qui la remplacera, Assemblée de convention,
qui est loin de représenter les aspirations du pays.
Pauvre Youen Che-k'ai !

Qui a-t-il devant lui ? dans le parti réformateur :
Soun Ya-tsen, un Cantonnais, élevé aux îles Sandwich,
aujourd'hui âgé d'environ quarante-cinq ans, qui a
étudié à Hong-Kong, connaissant l'anglais probable-
ment mieux que le chinois classique, qui a exercé la
médecine à Macao, et qui, lorsqu'il entend parler de
réformes, s'enthousiasme, voyage en Amérique, en
Angleterre, pour y porter la bonne parole ! En 1896,
à Londres, alors qu'il passait dans Portland Place,
en face de la Légation de Chine, Soun Ya-tsen, avait