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0318 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 318 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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292   L'ART GRÉCO-BOUDDHIQUE.

seulement monté sur un éléphant, saus qu'on voie bien d'ailleurs ce qu'y peut gagner la vraisemblance. En réalité, à lire attentive.. ment les textes, y compris ceux du Nord , on s'aperçoit aisément que cette description ne s'entendait pas primitivement d'un événement réel, mais bien d'un simple rêve de Mâyâ, la mère élue. C'est la tradition populaire, toujours simpliste, qui a fini par prendre au pied de la lettre la brève et catégorique inscription du vieux sculpteur.. Ce que-Maya était censée n'avoir vu qu'en songe, .les fidèles ne l'avaient-ils pas de leurs yeux vu réalisé sur les sculptures? Il ne faudrait pas nous pousser beaucoup pour nous faire dire que la matérialisation artistique de ce motif, telle qu'elle s'est ainsi effectuée de bonne heure à Barhut et à Sânchi, dut avoir une influence décisive sur sa transformation en un épisode de la vie du Buddha. C'est ainsi que la prose du Lalita-vistara (ch. v1) nous donne comme un fait ce que la partie versifiée (de l'aveu de tous la plus ancienne) ne considère que comme une forme symbolique d'« annonciation r. Ii en est de même du Buddha-carita et du Mahdvastu; de plus, ce dernier applique à la vie de Dipankara la règle qui veut désormais que les Bodhisattvas n'entrent plus autrement dans le sein maternel('). Quant à l'éléphant, il va de soi que, d'après l'imagination indienne, il ne saurait être qu'« à six défenses,' comme celui du Swidanta jdtaka (cf. plus haut, p. 272), et blanc, avec la tête enluminée de rouge. Aux six dents près, qui presque nulle part n'apparaissent, c'est toujours à cette description que se conforment les représentations d'éléphants sacrés sur les miniatures népalaises du moyen âge et les peintures siamoises ou cambodgiennes d'aujourd'hui.

On sait que le motif de la «conception') a gagné Java , sans doute par l'intermédiaire d'Amarâvati (fig. 1118); mais on pouvait croire qu'un sujet aussi indien aurait été laissé de côté au Gandhâra. Il n'en a rien été et nous en connaissons même plusieurs

s

(I) Buddha-carita, i, 20; Mahdvastu, II, p. 8-i i, et cf. I, p. 9o5-9o7.