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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0063 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 63 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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LE TURKESTAN CHINOIS ET SES HABITANTS.   51

tivement et entièrement une terre turque. Les nomades de la steppe n'y sont plus des envahisseurs passagers qui, leur main faites ont hâte de regagner leurs pâturages, ne laissant derrière eux que quelques aventuriers et quelques gens chargés de faire rentrer les tributs; ils y sont maintenant à demeure fixe, ils ont quitté leurs tentes de feutre pour des maisons de briques ou de pisé, leurs chefs sont entrés dans les palais des rois indigènes, leurs soldats montent la garde aux créneaux des villes, leurs pâtres deviennent fermiers. La race ancienne du pays, qui, malgré les invasions qui s'étaient succédées durant plus de mille années et la perte de son indépendance, avait conservé son originalité et sa personnalité, commença de s'altérer sensiblement. Elle ne résista guère à la turquisation, par faiblesse naturelle d'ábord, puis par suite (lu triomphe de l'islamisme qui effaça les distinctions de castes, supprima l'idée de race, et confondit tout le monde sous le droit corn-mun du Coran et sous la dénomination commune de musulmans. Les vainqueurs durent approprier leurs coutumes â la vie sédentaire et à la loi du prophète, mais ils gardèrent leur langue et forcèrent le peuple conquis de l'adopter, en sorte que presque aucun vestige ne subsista plus de l'idiome primitivement parlé dans le pays. Pour la première fois, la nomenclature géographique est envahie de noms turcs'. Le plus ancien livre de Kachgarie qui nous soit parvenu, le Koudathoubili,, qui date de 1068, est écrit en pur dialecte turc, et les quatre-vingt-douze mots étrangers qu'il contient sont arabes ou persans : si, depuis, la langue s'est altérée, la cause en est moins au réveil des dialectes locaux qu'à l'imitation de la littérature persane et â l'exemple

1. Ce n'est qu'après cette époque que l'on trouve les noms de Yárkend, Aksou et d'autres qui sont visiblement turcs. Aksou signifie : eau courante descendant des montagnes neigeuses, par opposition à kara sou, eau de puits ou d'étang. On a voulu y voir le nom de la ville que Ptolémée appelle AúEc xíu. Le rapport est lointain, de plus Aúçaxí« semble être une mauvaise leçon pour Agcucke. Yârken.d, c'est la « ville des ravins ». Il est vrai que kend ou kent n'est pas un mot turc, mais probablement indo-européen et plus particulièrement touranien, c'est-à-dire appartenant à la langue indigène de la Kachgarie ; mais il a été généralement adopté par les Turcs des deux côtés du Pamir.