国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0461 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.2
五百の物語と寓話 : vol.2
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.2 / 461 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000294
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

 

n'I NAI YE (N° 398)

447

d'un grand roi ksatriya qui a reçu l'onction, comment celui-ci voudra-t-il récompenser un tel service? » Ses ministres lui dirent : « Il faut qu'il lui donne la moitié de son royaume. » Le roi répliqua : « Le (sauveur) est un animal ; comment pourrais-je lui donner en présent la moitié de mon royaume ? Il faut que, en sa faveur, on dispose pendant sept jours des richesses d'une magnificence sans bornes ; qu'on fasse pour lui d'une manière extraordinaire une réunion excellente de toutes sortes d'objets et qu'on lui donne absolument tout ce dont il peut avoir besoin. » Les ministres se conformèrent à ces instructions et firent tout ce qui leur avait été prescrit.

Or, quand le marchand de chevaux vit qu'on préparait cette grande réunion d'objets, il demanda aux gens pourquoi on faisait cette réunion extraordinaire. On lui répondit : « Ne vous rappelez-vous pas que, dans la ville de Kong-che (Pûjita) vous avez donné un poulain à un maître potier? c'était un cheval intelligent et tout le monde proclame sa grande valeur ; le roi l'a acheté à cet homme en faisant marché au prix de cent mille pièces d'or. Ce cheval a pu sauver la vie du roi ; voilà pourquoi on se réjouit et on dispose des magnificences sans bornes. » Quand le marchand eut entendu ces paroles, il se dit : « Serait-ce vraiment ce poulain que j'ai abandonné qui s'est trouvé être ce cheval intelligent ? Il faut maintenant que j'aille voir comment celui-ci est fait. » Il se rendit donc dans l'écurie. Quand le cheval intelligent le vit, il lui demanda : « Marchand, quel bénéfice avez-vous fait sur la vente de tous vos chevaux ? Pour moi, avec ma seule personne, j'ai récompensé d'une somme de cent mille pièces d'or le maître potier. » En entendant ces paroles, le marchand fut accablé d'un tel chagrin qu'il tomba à terre ; on l'aspergea avec de l'eau et il reprit ses sens ; il embrassa alors les pieds du cheval, s'excusa longuement et partit.