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0042 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 42 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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désignent sous ces noms de piçdea et de râksasa, que nous ont ren-
dus familiers les légendes du Kaçmîr et de Ceylan. Une contre-
épreuve à cette assertion nous est aussitôt fournie par les fresques
d'Ajantâ qui, au VIe siècle, représentent encore exactement de même,
au sexe près, la horde grimaçante des diables de Mâra et celle des
goules anthropophages de Simhaladvîpa (1). Remarquons en passant
que nos textes nomment en même temps qu'eux les prêta ou « tré-
passés » : or nous ne nous souvenons pas d'avoir aperçu au Gan-
dhâra le type de ces larves ou spectres, au ventre en forme d'outre
et à la bouche en trou d'aiguille, qui plus tard ont leur place mar-
quée dans toute représentation bouddhique de l'univers (2).

C'est surtout à propos de ces diverses sortes de démons que la
virtuosité de nos artistes s'est ingéniée à créer des figures hideuses
ou grotesques : aussi serait-ce le lieu d'étudier — si nous pouvions
nous attarder à loisir — le sentiment et les procédés de la carica-
ture dans l'école du Gandhâra. Comme on devait s'y attendre, sa
veine satirique s'est surtout donné carrière chez les têtes en mortier
de chaux, si aisées à égayer ou à déformer d'un preste coup d'ébau-
choir dans la matière encore molle. Nous avons déjà expliqué
plus haut la provenance des quelques épaves de ce genre qu'ont
recueillies les musées (I, p. 195-196), mais nous n'en avons encore
montré aucun échantillon. Les figures 308-310 ne manqueront pas
de nous divertir comme de bonnes plaisanteries que tant de siècles
n'ont pu refroidir. Elles témoignent d'un sens caricatural dont il
importait au moins de signaler l'existence. On voit même qu'à
l'occasion la satire sculptée n'épargnait pas plus le moine que le
brahmane : l'hébétude idiote du jeune novice à la tête rasée, que
soulignent si bien, parallèlement à ses sourcils relevés, les coins
rabaissés de sa bouche bée (fig. 308), ne le cède en rien, au point de
vue du ridicule, à la laideur grimaçante du vieil anachorète barbu
(fig. 309). Et qu'on ne vienne pas dire qu'il ne s'agit là, tout