National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0352 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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image, deviennent exempts de peur...» Ce disant, il ne fait que
reprendre la vieille épithète homérique de la main du Maître :
«celle qui rend confiance à ceux qui sont intimidés ou effrayés(1);»
et c'est ainsi que nous passons sans effort au terme technique que
les textes tantriques assignent à cette *mudrā*, celui de l'«absence
de crainte».
Il ne faudrait d'ailleurs pas se hâter trop vite de conclure que
l'école du Gandhâra ignore totalement les autres poses qui devaient
devenir plus tard consacrées. Il en est au moins une qui se montre
assez fréquemment sur nos bas-reliefs et nos statues : c'est celle
dite de la «méditation» qui réunit dans le giron les deux mains
superposées des Buddhas (fig. 213, 246, 455, etc.) aussi bien
que des Bodhisattvas (fig. 175-176, 353, 413, 422, etc.). Cette
*mudrā* n'accompagne — comme d'ailleurs les suivantes — que la
posture assise en *padmāsana*, et il est curieux de noter qu'elle
appelle une remarque analogue à celle que nous faisions tout
à l'heure à propos des pieds : dans cette position aussi l'usage des
artistes est parfois d'emmailloter complètement les mains dans
la *saṃghāṭī* (cf. fig. 242, 247). Ce n'est pas tout : sur quelques
répliques de la Tentation (fig. 201, 203) nous avons vu la dextre
du Buddha esquisser ce geste de toucher la terre qui deviendra le
cliché stéréotypé de la Sambodhi. Mais, chose tout à fait notable et
qui pourra avoir plus tard quelque intérêt chronologique, nous ne
nous souvenons pas d'avoir rencontré la *mudrā* «qui fait tourner la
roue de loi» ailleurs que sur ces groupes qui représentent le Grand
Miracle de Çrāvastī (fig. 76-79, 405-408, 458-459) ou sur
quelques images détachées, pour la plupart d'apparence tardive
(fig. 456, 482-483, 485 ; cf. pour les Bodhisattvas, fig. 423-426).
Là seulement nous avons vu les mains se réunir devant la poi-
trine dans le geste classique de l'enseignement. On remarquera
qu'au Gandhâra la main droite est toujours représentée en dessus,
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