National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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relief de Lahore (fig. 353). Le tableau est malheureusement trop
fragmentaire pour que nous puissions l'identifier avec sûreté;
mais nous inclinerions à y reconnaître une « Première méditation »
conçue selon la formule du Buddha-carita, avec l'adjonction d'un moine,
(cf. I, p. 341). Dans ce cas ce serait à Çuddhodana que l'artiste aurait
ainsi imaginé de donner l'apparence d'un monarque « indo-scythe ».
Ce qui est sûr, c'est que cette indéniable ressemblance est encore
accentuée par la haute tiare pointue, qu'il lui prête après l'avoir em-
pruntée à Vasudêva (pl. V, 15 et 17). Mais il ne faudrait pas croire que
cette sorte de bonnet persan — ou, comme nous disons, phrygien
— fut toujours exécuté en joaillerie et exclusivement réservé aux
rois. Nous le retrouvons, fait de simple étoffe, sur des têtes détachées
du musée de Lahore ou de Mathurâ (fig. 354, 493), où il semble
bien que le seul souci de figurer exactement quelque type réel de
donateur ait guidé le ciseau ou l'ébauchoir de l'artiste (1). Une
autre mode d'origine étrangère consiste dans le port de la mous-
tache (cf. fig. 355-357, etc.) : d'occurrence fréquente au Gandhâra,
au point qu'elle persiste parfois à se montrer jusque sur la lèvre
supérieure du Buddha (cf. fig. 189, 210, 212, 326, etc.), elle
n'en contraste que mieux avec les faces toujours glabres des laïques
de l'Inde centrale. Quant à la barbe, lorsqu'elle décore le menton
de simples mortels, elle paraît être restée dans le Nord-Ouest,
comme dans le reste de la péninsule, l'attribut spécial des ascètes
brahmaniques (2). C'est peut-être pour complaire sur ce point aux
habitudes de ses sujets cis-himalayens que Huviska a coupé le
bouc hirsute de ses pères et se présente sur ses monnaies complè-
tement rasé (pl. V, 11); mais, d'autre part il faut admettre que les
Gandhâriens, ou du moins les plus fashionables d'entre eux, s'étaient
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