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0346 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 346 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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constitue l'originalité foncière du Buddha et lui crée une place spé-
ciale parmi tous les Indiens, tant clercs que laïques. Ce avec quoi
nos esprits européens ont le plus besoin d'être familiarisés c'est
avec ce jeu de ressemblances et de distinctions, avec les raisons
profondes de telle ou telle nuance, avec la portée de tel ou tel
détail corporel ou vestimentaire. C'est aussi pourquoi nous n'avons
pas craint de pousser à fond cette étude. Pour ce qui est de la forme,
elle parle suffisamment à nos yeux; ce serait devant un public
indien qu'il conviendrait d'insister à leur tour sur les plis des dra-
peries ou les ondes des cheveux, autant de détails étranges pour
son goût et qui nous sont au contraire intelligibles de naissance.
Tout au plus trouverions-nous à discuter sur la question du dosage
des deux éléments, indigène et étranger. Dans le costume, par
exemple, la façon de le traiter est seule grécisante; au contraire,
la structure presque entière de la face est empruntée au répertoire
hellénistique, et elle ne garde de proprement local, avec la lour-
deur de la mâchoire inférieure et la déformation de l'oreille, que
le signe entre les sourcils: et pourtant qui pourrait dire que la tête
est plus grecque qu'indienne, ou le corps plus indien que grec?
Le fait est qu'on retrouve, ici, comme partout, ce balance-
ment des deux éléments hétéroclites dont l'équilibre nous a tou-
jours paru marquer l'apogée de l'école gandhârienne. Jamais
d'ailleurs le terrain d'entente n'avait été plus solide sous les pieds
des artistes comme des donateurs; des deux parts ils marchaient
sur la croyance communément acceptée que les images du Bien-
heureux devaient réaliser la perfection de la beauté physique, intel-
lectuelle et morale. Mais, bien qu'un esprit nouveau commençât à
souffler d'Occident, le vieil idéal monastique de l'Inde ancienne ne
pouvait être complètement éliminé de la conception du Buddha.
Quand de la collaboration des sculpteurs et des fidèles est enfin
sortie cette idole encore inédite, nous constatons qu'elle tient
autant du moine que du dieu.