National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0372 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 372 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

retrouver que par le plus grand des hasards, après tant de siècles
de pillage systématique. Pour les images de simple argile et les
moules qui servaient à les fabriquer, nous attendons que la suite
de notre étude nous ait conduits en Asie centrale, là où le sable
désertique conserve jusqu'à la terre séchée. Restent les deux maté-
riaux ordinaires des sculptures de nos collections, à savoir le mor-
tier et la pierre : ils doivent d'avoir été à peu près respectés par
le climat et par les vandales au fait qu'ils sont solides et d'ailleurs
sans valeur intrinsèque. On sait que le schiste du Gandhâra a
permis d'exécuter des statues de fort belle venue, tandis que le
mortier de chaux y a été employé aussi bien à la composition de
menues frises qu'à l'érection d'images gigantesques(1). Nous ne
reviendrons pas sur ces points, ni non plus sur le fait que le goût
de la polychromie et de la dorure s'exerçait indifféremment sur les
statues de schiste ou de mortier(2). Nous nous bornons à rappeler
le caractère plus vivant et plus verveux (ou, si l'on préfère, moins
figé) des têtes de chaux par rapport à celles de pierre(3). C'est là
un fait bien connu de nos archéologues classiques, habitués à goûter
le même charme familier, et parfois d'une surprenante modernité,
en maniant les amusantes productions de leurs coroplastes.
Mais il nous faut retenir tout de suite un point de technique qui
a été imposé à nos sculpteurs par les nécessités de leur matière
favorite, à savoir le schiste. Aisée à dégrossir et susceptible d'un
beau poli, cette pierre, d'un grain parfois si fin, n'en reste pas
moins très cassante. Déjà nous avons constaté que les artistes gandhâ-
riens n'avaient pas osé, par peur de les briser, détacher complètement
les doigts de leurs statues(4). La même crainte, jointe au désir de
s'épargner une besogne inutile, les a également déterminés à leur
rapporter habituellement les mains. Dès que celles-ci s'écartaient
tant soit peu du corps et se trouvaient par suite en porte-à-faux,
elles étaient exécutées à part et montées après coup sur le poignet