National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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et tardive d'une bande de cinq cents moines : il s'agit d'improviser
leur repas avant l'heure canonique. Or midi va être sonné sur
le gong (gaṇḍi). Qu'à cela ne tienne : la vieille mère d'un frère
lai se met en devoir de brûler de l'encens devant une icone mira-
culeuse : «Le grand sage, lui dit-elle, est entré dans le nirvāṇa,
mais, du moins, il existe encore des êtres comme toi... Viens à
notre aide...» On ne saurait avouer plus ingénument que, dans
les occasions pressantes, mieux vaut invoquer un génie vivant
qu'un Buddha mort.
Sa description. — Quelle était cependant cette divinité, appa-
remment aussi subalterne que secourable? Pour dépister les
manifestations extérieures de ces superstitions, volontiers ignorées
de la littérature indienne, nous n'avons guère d'espoir que dans
les observations faites sur la vie réelle par les pieux archéologues
chinois. Aussi, apprendrons-nous avec un vif intérêt que Yi-tsing
a rencontré cette image dans tous les grands monastères de l'Inde
et qu'elle tenait à la main «une bourse d'or». Cet attribut se passe
de commentaires et la signification en est claire dans toutes les
langues : remarquons seulement que le culte du génie, porteur de
cet aguichant symbole, a dû particulièrement fleurir dans les
cercles où le Bouddhisme recrutait le plus clair de ses adhérents
— comme continue à le faire le Jaïnisme. C'est un milieu de mar-
chands qu'évoquent le plus souvent les légendes : chefs de caravane
ou banquiers, armateurs au long cours ou boutiquiers sédentaires,
tels sont les personnages les plus habituels des avadāna; c'étaient
autant d'adorateurs acquis d'avance au dispensateur des richesses.
Notons encore que Yi-tsing fait voisiner ce dernier, dans le réfec-
toire ou sous le porche du couvent, avec une autre déité du même
ordre, mais celle-ci féminine, Yakṣiṇī comme il est Yakṣa, et dont
la fonction propre est de donner des enfants. Disposant à eux deux
des deux choses que désire le plus le commun des hommes, à
commencer par les Indiens, on conçoit que leur manque de
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